sous la direction de HENRI BÉHAR
Editeur : L'Age d'Homme, Lausanne 1999
Le Mexique fut un « miroir magnétique du surréalisme », affirmait
Octavio Paz. Entre le premier contact d'Antonin Artaud avec la terre
mexicaine en 1936, bientôt suivi d'un séjour d'André Breton, et le
retour à Paris de Benjamin Péret en 1948, les surréalistes européens
ont trouvé au Mexique non seulement une terre d'exil, de rencontres,
de mythes et de révolutions, mais aussi un espace privilégié favorisant
à la fois les expériences individuelles et l'aventure collective.
De Cesar Moro, le Péruvien artisan de la grande exposition de
Mexico, aux grandes figures de la vie culturelle mexicaine Diego
Rivera et Frida Kalho, de Remedios Varo à Wolfgang Paalen, de Luis
Bufiuel à Octavio Paz, de déclarations en prises de position, de
voyages en études, de revues en expositions, toute l'activité du surréalisme
concourt à faire du Mexique une matière vivante et une
étape singulière dans la construction de son Imaginaire.
Cependant, bien des oeuvres conçues au Mexique n'auraient pas
été, semble-t-il, différentes si leurs auteurs avaient vécu ailleurs. Les
mythes originaux du Mexique apparaissent plus clairement dans les
arts plastiques que dans les textes surréalistes. Et, si de nombreux
artistes mexicains se sont déclarés surréalistes, l'appartenance de
leurs créations au mouvement se trouve souvent contestée.
L'influence qu'a réellement exercée le Mexique sur l'art et la littérature
surréaliste, autant que l'emprise du surréalisme sur les créateurs
mexicains, demande à être mieux cernée. Une bonne raison pour revisiter
le Mexique.
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