La Revue mensuelle littéraire Europe en français a été fondée en 1923 sous l’égide de Romain Rolland
Parmi ses animateurs : Pierre Abraham, Louis Aragon, Jean-Richard Bloch, Jean Cassou, Paul Éluard, Jean Guéhenno, Elsa Triolet. Actuellement, le Rédacteur en chef est Charles Dobzynski et le Rédacteur en chef-adjoint est Jean-Baptiste Para.



Détails

Revue littéraire Europe  

Sous-catégories

  • Revue littéraire Europe : Edgar Poe (1809-1849)

    Titre : Edgar Poe

    Editeur Revue Europe

    Numéro : 868-869

    Année : Août-septembre 2001

    ISSN 0014-2751

    Langue : Français

    Poe se plaît à imaginer que son nom, « Edgar A. Poe », puisse se lire « EDGAR, a Poet 4 ». C’est un romantique d’après la belle floraison de 1798-1820, en Angleterre. Il vénère la poésie et dans ses propres vers cherche une pulsation qui soit l’expression d’un état hors la vie, hors la mort… mais ne la trouve que par instants. Surtout, il place le court poème lyrique au sommet d’une hiérarchie des formes littéraires et proclame son indépendance par rapport à toute
    intention didactique ou morale (...).

  • Revue littéraire Europe : Miklós Szentkuthy (1908-1988)

    Titre : Miklós Szentkuthy

    Editeur Revue Europe

    Numéro 868-869

    Année : Août-septembre 2001

    ISSN 0014-2751

    Langue : Français

    Il suffit d’ouvrir au hasard un livre de Miklós Szentkuthy (1908-1988). Dès la première page, les délicates antennes de l’intuition sont en alerte : il se pourrait que nous ayons affaire à un écrivain hors normes. Nous devinons cela à l’arôme d’une phrase, à des audaces et des intensités, à des élans de style qui ont toutes les qualités nécessaires pour s’attirer les blâmes du critique d’esprit tempéré. La haute stature de Szentkuthy, Protée polychrome, se détache au premier plan de la littérature hongroise.

  • Revue littéraire Europe : Antoine Volodine

    Titre : Antoine Volodine

    Editeur : Revue Europe

    Numéro : 940-941

    Année : Août-Septembre 2007

    ISSN 0014-2751

    Langue : Français

    Les années passent ; la bibliothèque dite « post-exotique » d’Antoine Volodine s’accroît (quinze livres sont parus sous cette signature à ce jour, sans parler de ceux attribués à des hétéronymes) ; elle fait l’objet d’un intérêt lui aussi croissant (en témoignent trois événements récents entièrement dédiés à cette oeuvre : en 2006, un premier colloque international, à Moscou en avril, et un premier volume collectif, chez l’éditeur Minard en novembre 1 ; en 2007, une
    première monographie 2).

  • Revue littéraire Europe: Homère (fin du VIIIᵉ siècle av. J.-C)

    Titre : Homère

    Editeur Revue Europe

    N° 865

    Année : Mai 2001

    ISSN 0014-2751

    Langue : Français

    On dit qu’Eschyle, le plus ancien des dramaturges athéniens dont l’oeuvre soit parvenue jusqu’à nous, affirmait modestement s’être nourri des miettes du festin d’Homère. C’est sans doute une caution suffisante pour qu’après avoir consacré un numéro aux tragiques grecs, Europe se penche sur le poète que le plus vénérable de ces tragiques revendiquait pour sa principale source d’inspiration, partageant au demeurant en cela l’admiration unanime de ses
    compatriotes qui, dès avant le siècle de Périclès, avaient élevé l’Iliade et l’Odyssée au rang de monuments classiques (sans les mettre pour autant à l’abri de la critique, puisque la culture grecque ancienne ne connaît pas d’orthodoxie inattaquable).

  • Revue littéraire Europe : Raymond Queneau (1903-1976)

    Titre :  Raymond Queneau

    Editeur : Revue Europe

    Numéro : 888

    Année : avril 2003 

    Langue : Français

    Il paraît à la lecture de ces articles que le temps des « récupérations » de l’oeuvre au profit d’une discipline ou d’une
    « école » ou d’une « philosophie » ou d’une « croyance » soit — tout au moins à travers ces contributions — passé. La volonté de mettre l’ensemble de cette oeuvre sous le joug d’un seul cheval, qu’il se nomme linguistique et rhétorique, Traditionalisme, voire Oulipisme relevait de ce prurit d’unification qui titille tous les exégètes en quête d’un passe-partout. Ce qui ressort des nouvelles et plus récentes explorations est plutôt le sentiment de la complexité, de la pluralité, du « mystère » de la création quenienne.

  • Revue littéraire Europe : Antonin Artaud (1896-1948)

    Titre : Antonin Artaud

    Editeur Revue Europe

    Numéro  873-874

    Année : Janvier-Février 2002

    Nombre de pages : 354

    Langue : Français

    Près de vingt ans après la parution du numéro que la revue Europe consacra à Antonin Artaud en 1984 2, les diverses approches proposées ici de l’homme acteur qu’il fut et de ce qu’il refusait d’appeler son « oeuvre 3 », tentent de répondre à la question suivante : Artaud nous est-il devenu lisible, perceptible ? Question posée non seulement face aux premiers textes poétiques marqués par le Surréalisme, aux fameux écrits du Théâtre et son Double, traduits dans la plupart des langues, mais aussi et surtout, face à ce qu’improprement on nomme ses derniers « textes » et « dessins », ceux postérieurs à l’enfermement asilaire de 1937, ceux, fulgurants et fous, des dernières années de sa vie.

  • Revue littéraire Europe - Droit et Littérature

    Titre : Droit & Littérature

    Editeur Revue Europe

    Numéro 876  -  Avril 2002

    Nombre de pages : 303

    Langue : Français

    À première vue, rien ne semble lier ce couple « Droit et Littérature» qu’on peut envisager, en citant Lautréamont, « beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie » ! À bien y regarder, cependant, le rapport n’a rien d’incongru. Dans l’optique textuelle, on s’aperçoit que tout est lié — que tout droit et toute littérature ont la force première de leurs textes, où l’interprétation et la critique dépendent de lois internes. « Je n’ai jamais cru à la liberté d’interprétation sans la contrainte de la loi du texte », note Jacques Derrida

  • Revue littéraire Europe : Paul Celan (1920-1970)

    Titre : Paul Celan

    Editeur : Revue Europe

    N° 861-862 

    Année : Janvier-Février 2001

    ISSN 0014-2751

    Langue : Français

    Il est sans doute peu de poètes auxquels on consacre actuellement de par le monde autant de discours et de publications qu’à Paul Celan. On peut estimer que se publie à son sujet un article, sous quelque forme et dans quelque cadre que ce soit, y compris journalistique, par semaine — peut-être par jour? —, probablement un livre par mois, que se tiennent sur lui en divers lieux plusieurs colloques par an. Je ne m’interrogerai pas ici sur les raisons éventuelles de ce phénomène, pour lequel « engouement » serait un mot faible et inadéquat. La question qui se pose est plutôt celle de savoir pourquoi on devrait tenter de mêler sa voix à un concert aussi universel, courant ainsi le risque de paraître vouloir, comme dit le proverbe allemand, « porter des chouettes à Athènes ». On peut aussi se demander par quel biais il convient de s’attaquer à un aussi proliférant domaine.

  • Revue littéraire Europe : Philippe Jaccottet

    Titre : Philippe Jaccottet

    Editeur : Revue Europe

    N° 955-956 

    Année : Novembre-Décembre 2008

    ISSN 0014-2751

    Langue : Français

    Philippe Jaccottet aime à citer ces mots de Virginia Woolf, que rappellent à juste titre plusieurs articles de ce numéro : « Écrire de la poésie, n’est-ce pas une transaction secrète, une voix qui répond à une autre voix ? » Du monde sensible au poème, de la lecture à la traduction, la voix de Philippe Jaccottet, discrète, modeste, tâtonnante mais déterminée dans son souci de justesse et d’effacement, est à l’origine d’une multitude de passages, de « transactions secrètes » qui s’engendrent les unes les autres et circulent, tandis que se fait jour peu à peu une configuration étonnante où poètes,
    traducteurs, lecteurs se trouvent rassemblés en une sorte de communauté d’esprit et de sens, où se jouent les rapports complexes de l’identité et de l’altérité, de la singularité et de l’universel, de l’héritage, d’une éthique toujours à reformuler, pour habiter cette terre.

  • Revue littéraire Europe Marguerite Duras (1914-1996)

    Titre : Marguerite Duras

    Editeur Revue Europe

    N° 921-922 

    Année : Janvier-Février 2006

    ISSN 0014-2751

    Langue : Français

    Marguerite Duras serait-elle en passe de devenir un écrivain classique, sans avoir connu « ni purgatoire ni saison en enfer» ? Présente dans toutes les anthologies, objet d’un nombre impressionnant de thèses et d’essais critiques en
    France comme à l’étranger, récemment inscrite au programme de l’agrégation de Lettres, elle semble avoir acquis son droit d’entrée au panthéon des écrivains reconnus. Oubliés alors les jugements condescendants et réducteurs (Marguerite et sa « petite musique »), l’agacement poli, le rejet de plus en plus violent qu’elle suscita à partir des années soixante-dix ? Il est permis d’en douter. L’enfer ou le purgatoire, elle les connut de son vivant et, en dépit de son apparente reconnaissance institutionnelle, il n’est pas sûr que l’oeuvre ne continue pas à susciter de fortes résistances. Marguerite Duras constituerait ainsi un cas paradoxal (mais, somme toute, non isolé), celui d’un écrivain tout à la fois reconnu et dénié.

  • Revue littéraire Europe : Valère Novarina

    Titre : Valère Novarina

    Editeur : Revue Europe

    Numéro : N° 880-881 

    Année : Août-Septembre 2002

    ISSN 0014-2751

    Langue : Français

    Tant d’enjeux et de remises en cause suscitent le trouble et donnent à Valère Novarina une place à part dans le mouvement de l’écriture théâtrale contemporaine, l’exposant quelquefois à controverses et à polémiques : on ne touche pas impunément aux mots, aux convictions et aux valeurs instituées. Le présent numéro d’Europe, sans avoir la prétention de donner les clés d’une oeuvre si riche, si profuse et encore en gestation, offrira plutôt, dans une
    première partie intitulée Transversales, de la parcourir par quelques itinéraires particuliers, balisés de loin en loin, tant les méthodes critiques habituelles avouent parfois devant elle leur désarroi, par les données biographiques, la psychanalyse, la thématique, la métaphysique, les analyses sur le langage...

  • Revue littéraire Europe : La Comtesse de Ségur (1799-1874)

    Titre : La Comtesse de Ségur

    Editeur : Revue Europe

     N° 914-915 

    Année : Juin-Juillet 2005

    ISSN 0014-2751

    Langue : Français

    L’oeuvre de la comtesse de Ségur occupe une place majeure dans la littérature française pour enfants, non seulement en raison de son ampleur — près d’une vingtaine de romans, et plusieurs contes et comédies —, mais surtout de son étonnante pérennité. Composée il y a près d’un siècle et demi, elle enchante encore, toujours disponible dans sa collection d’origine, la fameuse « Bibliothèque rose »,  (...) ce ne sont plus seulement les enfants qui la lisent. Les universitaires, à leur tour, s’y intéressent — avec autant de sérieux que de plaisir, heureux certainement d’y retrouver un peu de leur jeunesse. Leurs travaux l’éclairent d’un jour nouveau. Ils en révèlent toute la richesse et l’originalité. Ils nous permettent aussi de mieux cerner le secret de sa magie.

  • Revue littéraire Europe : Emmanuel Bove (1898-1945)

    Titre : Emmanuel Bove

    Editeur Revue Europe

     N° 895-896 

    Année : Novembre-Décembre 2003

    ISSN 0014-2751

    Langue : Français

    Bove en effet, dans la diversité de son oeuvre, a peint un monde douloureux dans lequel les hommes, qu’ils soient ou non des humbles, sont des victimes d’un destin qui les conduit à la misère, à la prison, au suicide ou à la mort, mais des victimes tout à la fois innocentes et responsables. La société de classe dans laquelle ils se meuvent, cloisonnée et figée, n’ouvre aucune perspective. Les personnages, tels les condamnés de Dante répètent indéfiniment les mêmes gestes
    quand ils ne sont pas emportés par une inexorable descente aux enfers.

  • Revue littéraire Europe : Choderlos de Laclos (1741-1803)

    Titre : Choderlos de Laclos

    Editeur Revue Europe

    N° 885-886

    Année :  Janvier-Février 2003

    ISSN 0014-2751

    Langue : Français

    Les Liaisons dangereuses si scandaleuses sont devenues, en deux siècles, un des chefs-d’oeuvre de la littérature française, puis de la littérature mondiale. Longtemps, elles sont restées un livre dont il convenait de se méfier
    et qu’il n’était pas question de mettre entre toutes les mains. Plus  qu’aux professeurs, il revenait aux écrivains de le commenter

  • Revue littéraire Europe : Armand Gatti

    Titre : Armand Gatti

    Editeur : Revue Europe

    N° 877 

    Année : Mai 2002

    ISSN 0014-2751

    Langue : Français

    Il traverse la seconde moitié du siècle passé qui est aussi le dernier du millénaire selon le calendrier de l’Occident chrétien, ce qui n’est pas forcément pour lui plaire ; il poursuit sa trajectoire, plus fort que jamais, en ce nouveau siècle qui ouvre donc un autre millénaire. C’est à l’aune du temps universel, du monde et de son histoire qu’il faut
    prendre la mesure du parcours et de l’oeuvre d’Armand Gatti. Avec lui jamais la formule de Proust stipulant que « le monde a été créé autant de fois qu’un artiste original est survenu » n’a semblé aussi juste. Monde, univers, galaxie, qu’importe le terme. Avec un appétit féroce, Gatti happe et se nourrit des hautes figures de notre histoire
    tout comme de celles des anonymes ; il les intègre à son système galactique et continue à échafauder sa théorie de l’univers toujours en expansion.

  • Revue littéraire Europe : Les troubadours

    Titre : Les Troubadours

    Editeur : Revue Europe

    Numéro : N° 950-951 

    Année : Juin-Juillet 2008

    ISSN 0014-2751

    Langue : Français

    En fait, la poésie des troubadours est une poésie à la fois courtoise, c’est-à-dire de cour, et savante. Elle est popularisante et non populaire et, même si les arguments de la bergère de la pastorèla de Marcabru se fondent volontiers sur les proverbes et la sagesse des nations, sa dextérité dans le débat exige de bonnes connaissances rhétoriques ; de la même façon, il faut beaucoup de travail poétique pour parvenir à la simplicité de certaines albas. J’ai pu écrire que les troubadours écrivaient dans la langue du peuple dans la mesure où ils n’écrivaient pas en latin,
    mais leur langue était une langue littéraire.

  • Revue littéraire Europe : Franck Venaille

    Titre : Franck Venaille

    Editeur : Revue Europe

    Numéro : N° 938-939 

    Année : Juin-Juillet 2007

    ISSN 0014-2751

    Langue : Français

    Voici un poète qui sait ce que c’est que pousser le cuir dans les filets. Un écrivain au point de corner, habitué des tirs croisés vus de l’arrière-cage. Dans l’attente du cri de bouche… On connaît son équipe type. Elle compte quelques arrières offensifs de bon aloi. Côté tribunes ou virage Est c’est toujours Mozart et Rilke ; Saba et Gadda tiennent la côte, le couloir est couvert de Sils-Maria à l’Algérie. Le point fort c’est l’axe latéral ouest, avec Maeterlinck — fameux rêveur
    d’angles perdus — et ses Flamands de champ libre, l’étonnant Lou Bernardo, rare jongleur des Amériques qui forme duo avec Bloom, Monsieur Bloom, dublinois transversal. Au centre Jouve et Morhange assurent la cohésion d’une équipe qui s’entraîne à Ostende et s’illustre à Saint-Ouen. Les remplaçants sont innombrables. D’année en année Monory ou Kierkegaard, Klasen ou David Goodis, Verhaeren ou Boltanski, Debussy ou Laforgue tiennent leur rang sur la pelouse.
    Bertie Brecht a demandé son transfert sur une blessure mal cicatrisée.

  • Revue littéraire Europe : Gérard de Nerval (1808-1855)

    Titre : Gérard de Nerval

    Editeur : Revue Europe

    Numéro : N° 935 

    Année : Mars 2007

    ISSN 0014-2751

    Langue : Français

    Nerval demeure l’une des figures les plus touchantes et singulières de notre littérature. Hanté par le spectre de la folie, il mena une vie souvent marginale, tissue d’errances et de liberté, avant de mourir tragiquement, une nuit de janvier, dans la plus grande misère. Quant à son oeuvre, si son inspiration la rattache au courant romantique dont elle fut contemporaine, elle n’en possède pas moins une tonalité toute personnelle, faite à la fois de simplicité et de fantaisie — l’on a souvent vu en Nerval l’un des derniers représentants du XVIIIe siècle — en même temps que de mélancolie profonde. Il y a, plus particulièrement, chez cet écrivain une plongée vers les abîmes intérieurs de l’homme, et le démoniaque, qui le rapproche de certains poètes allemands dont il fut un fin connaisseur.

  • Revue littéraire Europe : Jean Cocteau (1889-1955)

    Titre : Jean Cocteau

    Editeur : Revue Europe

    Numéro : N° 894

    Année : Octobre 2003

    ISSN 0014-2751

    Langue : Français

    Avant tout, il importe de se rappeler qu’indépendamment de la forme artistique à laquelle on s’intéresse, Jean Cocteau est d’abord poète. Le noyau constitutif de l’ensemble de son oeuvre est donc la poésie, qui dissimule ses véritables objectifs existentiels tout en répondant à des exigences formelles et sémantiques très précises. Ces aspects sont mis en évidence dans l’hommage de Jean-Pierre Millecam et le témoignage de Michel Deguy, ainsi que dans les trois premiers articles de Michel Décaudin, de David Gullentops et de Serge Linares. En second lieu, ajoutons que l’activité poétique de Cocteau n’est pas le fruit d’une génération spontanée, mais bien d’un dialogue implicite qu’il n’a cessé d’entretenir avec une multitude de poètes et d’auteurs. À titre d’illustration, ce sont les contacts et les échanges avec Pierre Reverdy, Paul Valéry et Aragon qui font l’objet des contributions d’Étienne-Alain Hubert, Michel Jarrety et Nathalie Piégay. Somme toute, l’ampleur des liens avec les autres écrivains se mesure à la richesse de la bibliothèque du poète, comme l’indique l’étude de Pierre Caizergues. 

  • Revue littéraire Europe : Henri Calet (1904-1956)

    Titre : Henri Calet

    Editeur : Revue Europe

    Numéro : 883-884

    Année : Novembre-Décembre 2002

    ISSN 0014-2751

    Langue : Français

    J’ai connu Calet dans les trois ou quatre dernières années de sa vie, c’est-à-dire très tard et très peu. Il avait l’apparence d’un fonctionnaire de bon rang mais à qui jamais on ne donnera une voiture de fonction ni un bureau à moquette. L’air, si vous voulez, d’un journaliste « de desk », qu’a frôlé l’aile de la bohème. Pince sans rire, la voix posée, plaisant aux dames. J’en vis trois tourner autour de lui : Clara Malraux, Nicole Vedrès, Christiane Martin du Gard. Ce n’était pas une vilaine ronde autour de ce danseur immobile. Ce fut la dernière qui l’emporta : bientôt on vint voir Calet dans un appartement que Christiane occupait dans l’hôtel de Roger Martin du Gard, son père, rue du Dragon. On y croisait le grand homme, bougon et lourd, dans l’escalier. Il me semble qu’il saluait courtoisement Calet, mais pas sa fille, à qui à ce moment-là il ne parlait pas : il lui en voulait de son divorce ; affaire complexe, aux forts parfums de N.R.F., dont il me
    semble que Cabanis a fort bien parlé, en faux contemporain, ou plutôt en contemporain rêvé d’événements qu’il sentait presque mieux que s’il les eût vécus.

  • Revue littéraire Europe : Michel Butor

    Titre : Michel Butor

    Editeur : Revue Europe

    Numéro : N° 943-944 

    Année : Novembre-Décembre 2007

    ISSN 0014-2751

    Langue : Français

    Il suffit d’entendre cette voix, d’accepter son surgissement, de laisser se déployer son identité, son altérité, pour la comprendre, simplement, quand bien même échapperaient au lecteur novice ou à l’auditeur vierge la composition, la construction, les procédures, et la foisonnante intertextualité. Complexe, sans aucun doute, dans sa structure ; ambitieuse dans ses visées… Il suffit pourtant de saisir un nombre limité de principes d’organisation pour se faire une idée assez approchante de l’ensemble, et se repérer dans le travail de l’écrivain. L’oeuvre de Michel Butor obéit, dans ses grandes lignes, à deux logiques : celle de la série, dont les éléments et les règles de combinaison sont limités, et celle de l’expansion en réseau, en rhizome, qui d’année en année, d’oeuvre en oeuvre, de voyage en voyage, de genre en genre, n’a cessé de s’étendre depuis soixante ans. Gardons présents à l’esprit ces deux principes, et pénétrons dans quelques territoires butoriens.

  • Revue littéraire Europe : Mohammed Dib (1920-2003)

    Titre : Mohammed Dib

    Editeur : Revue Europe

    Numéro : Hors série

    Année : 2003

    ISSN 0014-2751

    Langue : Français

    Accueillir une Algérie des arts et de la pensée, l’Algérie de ces femmes et de ces hommes producteurs de culture, est déjà en soi un geste de haute portée. D’autant plus que l’image persistante des dernières années est celle d’un pays à feu et à sang, où l’on abat des intellectuels parce qu’ils pensent, des femmes parce qu’elles incarnent le mal, des journalistes parce qu’ils informent ; un pays qui s’est rappelé à l’attention des médias par des tragédies défiant
    l’entendement, qui s’est distingué par la masse de ses disparus, qui s’est illustré par des actes de barbarie mettant en grand danger la notion même d’humain. À telle enseigne qu’il paraissait inconcevable d’y parler d’art et de création. La culture résiste-t-elle à tout ? À beaucoup de fléaux assurément et aux pires conditions, sans doute ; les
    manifestations de cette année de l’Algérie en France en apportent la preuve irrécusable.

  • Revue littéraire Europe : Robert Walser (1878-1956)

    Titre : Robert Walser

    EditeurRevue Europe

    Numéro : 889 

    Année : Mai 2003

    ISSN 0014-2751

    Langue : Français

    Né à Bienne dans le canton de Berne le 15 avril 1878, Walser quitte l’école à quatorze ans pour faire un apprentissage de commis de banque. Sa carrière d’écrivain durera trente-cinq ans, passés pour l’essentiel à Berlin, à Bienne, puis à Berne. Très admiré par ses pairs (Kafka, Christian Morgenstern, Robert Musil, Walter Benjamin), il connaît aussi les affres de l’insuccès. En 1929, une crise psychique entraîne son admission dans l’asile psychiatrique de la Waldau, près de Berne, où il demeure plus de trois ans, continuant d’écrire et de publier. En 1933, il sera transféré contre son gré dans
    un établissement du canton d’Appenzell, à Herisau, où il passera vingt-trois ans, menant la vie réglée d’un patient exemplaire. Aucun manuscrit de cette période ne nous est parvenu, tout semble confirmer le long silence de l’écrivain, choisi ou subi. Il meurt le jour de Noël 1956, pendant une promenade dans la neige.

  • Revue littéraire Europe : Roland Barthes (1915-1980)

    Titre : Roland Barthes

    Editeur : Revue Europe

    Numéro : 952-953

    Année : Août-septembre 2008

    ISSN 0014-2751

    Langue : Français

    Ce Barthes-là est celui de la déprise… D’une part, il illustre parfaitement le cas du philosophe, de l’homme de sciences, de l’intellectuel dont les connaissances restent lettre morte lorsqu’il s’agit de vivre et d’agir comme tout le monde. La vie comme elle va — la vie « inquiète » dont parle Pontalis — le désarçonne. Le libre arbitre dont il ne met pas en question la force pour déterminer un objet d’étude est déstabilisé voire pulvérisé par l’expérience amoureuse, par exemple. Ce que peut dire le savant de l’amour n’a que de très lointains rapports avec la réalité de l’attachement, de la souffrance et de la douleur qui lui sont liés. Fragments d’un discours amoureux est à ce titre exemplaire : l’écriture analytique, distanciée ne peut appréhender qu’une partie de l’expérience. Ce troisième Barthes est donc la figure de l’anti-système, les éprouvés sont la matière du penser : il accueille dans sa démarche intellectuelle des ressentis, des émotions. La Chambre claire en est l’exemple le plus frappant. Écrire sur la photographie provoque chez Barthes la rencontre de l’informulable sous la forme « du fil coupant du deuil ». Sa mère est morte. Le langage fait défaut : on ne peut rien montrer, le chagrin n’a pas d’expression verbale. Il y a dans ce Barthes làune approche intuitive des phénomènes et un réajustement constant de la pensée.

  • Revue littéraire Europe : Georg Büchner (1813-1837)

    Titre : Georg Büchner

    Editeur : Revue Europe

    Numéro : 952-953

    Année : Août-septembre 2008

    ISSN 0014-2751

    Langue : Français

    Georg Büchner : 1813-1837. Une vie trop brève. Une oeuvre inachevée, interrompue en plein élan, mais d’une force singulière et d’une superbe intransigeance. Pratiquement ignoré de ses contemporains, Büchner n’aurait jamais imaginé qu’un prix littéraire parmi les plus prestigieux porterait un jour son nom. Il est attribué tous les ans à un écrivain d’envergure, par l’Académie allemande de langue et de littérature à Darmstadt, dans la Hesse, son pays natal. Les discours des lauréats évoquent le rôle que la pensée de Büchner a joué dans leur propre appréhension du monde :
    ainsi se compose une mosaïque qui reflète les différentes approches auxquelles invite la lecture d’une oeuvre dont l’impact ne faiblit pas. Il y a en Büchner un révolutionnaire et un poète, mais aussi un savant, un philosophe et un homme muré dans sa solitude et ses conflits intimes. Il y a en lui un écrivain qui cherche à désarticuler les clichés
    du langage, de la pensée, de la vie politique et sociale. Il sait que la langue doit vivre. Vivre et laisser vivre.

  • Revue littéraire Europe : Michel Vinaver

    Titre : Michel Vinaver

    Editeur Revue Europe

    Numéro : 924

    Année : Avril 2006

    ISSN 0014-2751

    Langue : Français

    L’écriture de Vinaver, à l’inverse de la doxa sur la pratique théâtrale d’aujourd’hui, est indéfectiblement liée au livre que l’auteur considère comme une pierre angulaire, qu’il taille certes dans la masse informe des choses de la vie, mais qu’il souhaite d’une impeccable géométrie. Aussi, dans son oeuvre, le texte, toujours minutieusement ouvragé, est-il considéré comme premier et intangible. Lorsqu’il le confie à la scène, lieu d’élection et de périls où s’affrontent le dire et le montrer, l’écrivain affirme ses prérogatives et dispute souvent la préséance au metteur en scène, avec lequel il instaure un jeu complexe où la défiance souvent l’emporte. Ce qu’en effet Vinaver redoute le plus dans la mise en scène, c’est « la mise en trop ». Il craint le double langage de l’art théâtral ; il redoute que le texte écrit pour la scène soit gauchi par la scène.

  • Revue littéraire Europe : Les écrivains du Stalag

    Titre : Les écrivains du Stalag

    Editeur : Revue Europe

    Numéro : 948

    Année : Avril 2008

    ISSN 0014-2751

    Langue : Français

    Ce numéro d’Europe réunit des auteurs qui depuis longtemps fréquentent ces écrivains du stalag et parlent avec finesse et passion de Georges Hyvernaud, Raymond Guérin, André Frénaud, Claude Simon, Henri Calet, Jacques Perret et de quelques autres. Des panoramas établissent la place de ces livres dans le champ littéraire français et belge. L’exploration des archives conduit à retrouver les témoignages et les textes de Gaston Criel ou Robert Christophe, à lire ou relire ceux de Louis Althusser, Pierre Bost, Roger Ikor, Pierre Unik et de divers anonymes. Un premier recensement des livres du stalag a été engagé, qui enrichit l’ensemble d’une substantielle bibliographie.

  • Revue littéraire Europe : Écrivains de Nouvelle-Zélande

    Titre : Ecrivains de Nouvelle-Zélande

    Editeur : Revue Europe

    Numéro : 931-932

    Année : Novembre-Décembre 2008

    ISSN 0014-2751

    Langue : Français

  • Revue littéraire Europe : Le romantisme révolutionnaire

    Titre : Le romantisme révolutionnaire 

    Editeur : Revue Europe

    Numéro : 900

    Année : Avril 2004

    ISSN 0014-2751

    Langue : Français

    Ce numéro de la revue Europe n’est pas dédié à un auteur ou un pays, mais à une forme de la culture universelle: le romantisme, et plus précisément, le romantisme révolutionnaire. Si le romantisme est généralement présenté dans les dictionnaires et encyclopédies comme un mouvement littéraire et artistique du début du XIXe siècle, nous pensons au contraire qu’il s’agit d’un phénomène beaucoup plus étendu et profond, qu’il existe un romantisme politique et des manifestations romantiques dans le domaine de la philosophie, de la religion, du droit et de l’historiographie. Et nous
    sommes convaincus que l’histoire du romantisme n’est pas terminée en 1830 ou 1848, mais continue jusqu’à nos jours.

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