Deleuze au Cinéma de Serge Cardinal

 

Deleuze au Cinéma de Serge Cardinal, Presses de l’Université Laval, 2010, 256 pages.

 

Deleuze au Cinéma de Serge Cardinal, ce travail d’interprétation publié en 2010 par les PUL n’a pas pris une ride, pourrait-on écrire. Selon Vincent Houillon, “Serge Cardinal propose un haut exercice d’interprétation de la relation qu’a entretenue Gilles Deleuze au cinéma et qu’il a présentée dans ces deux grandes œuvres que sont l’Image-mouvement et l’Image-temps. A la pauvreté du temps et des discours sur le cinéma, des savoirs appliqués au cinéma, l’auteur entend restituer le sens original de la relation de la philosophie au cinéma chez Deleuze, qui est toute autre chose qu’une subordination du cinéma à une philosophie souveraine, par un haut exercice d’analyses, suivant en cela les profusions deleuziennes, en décidant de les ordonner à l’idée de méthode : il faut saluer cette décision qui est le geste fondateur de l’interprétation proposée alors même que l’idée de méthode ne semble pas convenir à la récusation de la réflexion et ne pas appartenir à l’ordre des concepts deleuziens !”

Prenons le chapitre 4 de l’ouvrage où Serge Cardinal développe une argumentation originale concernant la notion de percept qui met en jeu la subjectivité “qui n’est plus le foyer de la perception” (page 204). Personnages et paysages entrent dans une configuration particulière incarné par la fabulation créatrice. “On sait que les composés de percepts et d’affects doivent tenir debout tout seuls, se composer ensemble, pour former un espace quelconque tout en ouvrant cet espace ou en l’étendant de tous les côtés pour tracer un plan de composition, à la fois image de la pensée et image d’univers” écrit l’auteur (page 209) qui étend sa réflexion à ce personnage qui entre dans la composition de l’image : “Tour à tour chaque personnage dénonce donc une présence intrinsèque à la sensibilité, à l’imagination, à la mémoire ou à la pensée : le voyant est une « condition de possibilité » de la sensibilité ; l’acteur, une « catégorie vivante » de l’imagination ; l’amnésique, une « condition pour l’exercice » de la mémoire ; la momie, le « vécu transcendantal » de la pensée. Le choc du voyant, le dédoublement de l’acteur, les errements de l’amnésique, les pétrifications de la momie, sont des affects vivants promus à l’état de « caractères a priori »”.

D’une façon précise et argumentée, Serge Cardinal va jusqu’au bout de sa volonté de décrire le montage de l’image filmique, et parvient finalement à cette conclusion : “on peut sans trop se tromper affirmer que la méthode de Gilles Deleuze est inséparable d’une dramaturgie du personnage esthétique : en décrivant les passions, les dynamismes, les relations, les revendications et les épreuves d’un tel personnage, on peut déterminer quelles matières intenses ont été sélectionnées et par quels modes de composition elles sont agencées ; on peut suivre l’apprentissage de l’exercice supérieur d’une faculté imposé par une image ; on peut découvrir le mode d’existence donnant sens et valeur à un film. Et c’est aussi en décrivant les traits du personnage esthétique qu’on dégage la physique particulière à tel ou tel régime d’images. Ce sont encore ces passions et ces dynamismes, ces relations et ces revendications, qui nous apprennent quelque chose sur les exercices spirituels et physiques auxquels a été forcé un auteur pour rendre visible et vivable une idée de cinéma (…)”.

L’art contemporain sur la plate-forme artelittera.com

Les éditions du MAMCO Genève mettent en ligne les premiers numéros de leur revue Retour d’y voir, sous forme de chapitres ou articles disponibles en téléchargement sous format PDF. C’est un nouveau champ disciplinaire qui apparaît sur artelittera. Jusqu’à présent, le site propose des ouvrages disponibles par téléchargement de chapitres, inscrits dans des problématiques diverses figurant dans le champ de l’histoire de l’art moderne. L’art contemporain constitue une nouvelle approche. Les collaborateurs de la revue font partie de cette vaste sphère internationale, historien, curateur, designer, artiste performeur, etc.  Comme l’indique le site des éditions du MAMCO Genève, “La revue Retour d’y voir est une revue d’histoire et théorie de l’art, conçue comme un espace de recherche et d’écriture, essentiellement sur l’art du XXe siècle mais parfois au-delà, elle accueille des penseurs singuliers autour d’objets en résonance avec le cadre de réflexion du musée.”

Actuellement, les numéros 1&2, puis 34&4, et 5&6 sont en train d’être mis en ligne  Donnez-nous votre avis ! Téléchargez les articles qui vous intéressent !

Artelittera_couverture Retour d'y voir

Artelittera_couverture Retour d’y voir