Ebooks Sciences politiques, une discipline représentée sur Artelittera

Artelittera_Construire le politique - Presses de l'Université Laval

Artelittera_Construire le politique – Presses de l’Université Laval

La démocratie est vivante ! observent les commentateurs politiques, en France en cette fin de l’année 2016.  Aux Etats-Unis, après la dernière élection présidentielle (novembre 2016) les démocrates s’insurgent contre un système électoral que l’on croyait démocratique tant qu’il pouvait satisfaire les gouvernements précédents, et qui soudain fait réagir. Soudain la démocratie exemplaire du système américain est mis en doute : le peuple ne serait pas entendu ! Il est clair que si les résultats avaient été favorables à Mme Clinton, personne n’aurait remis en cause ce système. Or Bernie Sanders, candidat malheureux, expulsé de la scène politique en mai 2016, le dénonçait avec vigueur et justesse. La démocratie est au cœur de tous les débats, y compris dans les Etats politiques de type dictatorial. Sur la plate-forme Artelittera, les Sciences politiques sont largement représentées par des publications académiques éditées au cours de ces 10 dernières années. Cette catégorie offre des perspectives aux étudiants et aux enseignants d’enrichir leurs recherches documentaires. Il ne peut y avoir de démocratie que dans le débat et la confrontation des points de vue.  Ce seul sujet consacré à la Démocratie réunit 32 articles dans un ouvrage collectif, proposé par les Editions Sciences-Humaines, La Démocratie.

Le discours politique s’appuie sur les références historiques. La discipline Histoire, sur la plate-forme Artelittera, accueille par exemple cette publication sur les Historiens de l’Antiquité, ayant fait l’objet d’un numéro spécial de la revue Europe. Ce document met en relief les confrontations entre tyrannie et démocratie. Compte tenu des diverses contributions que présente ce numéro de la revue Europe consacré aux Historiens de l’Antiquité, diverses réflexions s’entrecroisent, et notamment celle qui loin d’apparaître comme désuète, interroge l’Histoire grecque et romaine à travers le phénomène de la répétition des faits historiques : « La théorie classique du « cycle » est omniprésente chez les Grecs, dans pratiquement toutes les sortes de productions intellectuelles : d’Hérodote à Polybe, en passant par Thucydide, Platon, ou Aristote. Mais la poésie elle aussi, épique et tragique notamment, en est fortement imprégnée. La catharsis tragique n’est-elle pas fondée sur un présupposé analogique, qui est le corollaire obligé de la « répétition » ? (chapitre 16).

Le discours politique met en forme les valeurs morales, que nous appelons aujourd’hui l’Ethique. Les historiens sont encore là pour nous rappeler en quoi les textes de recherches historiques peuvent nous aider à démêler le vrai du faux en questionnant le sens à accorder aux deux concepts de cette articulation antinomique. Là encore l’entretien de Vidal Naquet (Chapitre 17) publié par la revue Europe dans le numéro les Historiens de l’Antiquité, offre un argument à la réflexion : «Autrement dit, la conception de
l’histoire dans la Bible est marquée par l’idée d’ambiguïté : ce n’est pas l’opposition du vrai et du faux qui la régit, mais un mélange du bien et de mal, avec d’un côté le péché (l’homme est un pécheur par
essence) et de l’autre la possibilité du salut.»

A la question posée à Pierre Manent dans l’ouvrage collectif La Démocratie (Chapitre 7) : “En quoi la démocratie des Modernes diffère-t-elle de celle des Anciens ?”, L’auteur répond ceci : Deux grandes différences peuvent être mentionnées : la première tient à la taille, aux dimensions des pays, un facteur
qui a toujours son importance en politique. La seconde différence réside dans le dispositif politique, la démocratie des Modernes étant fondée sur le principe de la représentation. Ainsi, les pays démocratiques modernes sont-ils bien plus étendus et peuplés que les démocraties anciennes, et il ne s’agit plus de démocraties directes mais de régimes représentatifs. À ce stade, la réponse apparaît simple. En fait, une foule de questions naissent de cette réponse. Pour caractériser l’expérience ancienne, il vaudrait mieux
parler de « république » plutôt que de « démocratie ». L’expérience de l’Europe débute en effet avec des républiques, dont certaines ont été démocratiques, comme Athènes. Ces républiques constituaient une forme politique et sociale très contraignante : elles devaient être peu peuplées et avoir un petit territoire. Or, dans l’histoire de l’Europe, cette forme politique de la république, de la cité, s’est révélée en quelque sorte incapable de s’imposer. Les Européens ont vécu de plus en plus dans des corps politiques
plus étendus que les petites républiques, sans trop savoir que faire de cette référence républicaine pourtant très prestigieuse, mais qui n’apparaissait plus réellement pertinente dans le contexte de l’Europe moderne. Entre le XVIe et le XVIIe siècle, les régimes monarchiques permettent certes d’administrer de grands États, mais ces monarchies ignorent évidemment la liberté politique. (…)” (pages 65 et suivantes).

Finalement en croisant les disciplines Sciences Politiques et Histoire, les étudiants, les chercheurs, les enseignants, les érudits vont découvrir des documents permettant de creuser des problématiques soulevées aujourd’hui par l’actualité politique française, européenne et internationale.

Néanmoins, les constats se superposent lorsqu’ici et là, les chercheurs observent le sentiment de méfiance qui se répand chez les électeurs des démocraties. L’ouvrage collectif  intitulé La dynamique confiance/méfiance dans les démocraties multinationales. Le Canada sous l’angle comparatif Sous la direction de Dimitrios Karmis et François Rocher, publié en 2012 par les éditions des presses de l’université Laval, propose plusieurs axes de réflexions pour appréhender objectivement ce phénomène de la méfiance.