Télécharger des chapitres de ebooks académiques

La thématique du multiculturalisme donne lieu, au XXIe siècle, à une pluralité des axes d’investigation. Les chercheurs réfléchissent dans une perspective transversale en croisant les savoirs et les expériences.

Notre engagement en faveur du monde académique vise à mettre en ligne un catalogue sans cesse renouvelé qui met en valeur les contributions d’universitaires, en français, en anglais et en espagnol.

Notre priorité, c’est de diffuser le plus largement possible les publications des éditeurs scientifiques et de permettre aux lecteurs d’y accéder facilement.

Notre objectif est de faciliter vos recherches documentaires, que vous soyez étudiants, enseignants ou autres.

Bonne lecture !

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Art & Histoire de l’art

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Sciences, techniques et médecine

Sociologie

Comment télécharger un chapitre de ebook universitaire ?

Comme vous le savez sans doute, le téléchargement de chapitres est légal puisqu’un chapitre est un objet documentaire aussi valable qu’un article de revue scientifique. Un chapitre de livre, c’est quoi ? c’est un ensemble de pages, 2, 10, 30 ou plus, téléchargeable au format PDF. 

Comment découvrir le chapitre qui vous intéresse ? C’est la question que tout le monde se pose et me pose. Au départ lorsque vous arrivez sur le site, vous sélectionner la discipline qui vous concerne. Par exemple aujourd’hui c’est la discipline “Sciences, Techniques et Médecine“. Une sois dans cette catégorie, vous faites défiler les titres des ebooks mis en ligne. Puis vous choisissez un titre, celui-là par exemple. Vous voyez ci-dessous qu’il y a dans ce livre 13 chapitres. Première action : vous allez rechercher la Table des matières. C’est un fichier gratuit à télécharger. Faites-le ! Avec le fichier PDF du sommaire vous avez exactement quels sont les chapitres les plus intéressants.

Maintenant, il suffit de procéder à l’acte d’achat et télécharger les fichiers chapitres.

L’idéal c’est quoi ? en téléchargeant des chapitres de livres numérisés, on ne lit que les parties de l’ouvrage qui sont en lien avec le sujet de la recherche.

Lancez-vous sur Artelittera !

Les Presses universitaires de Laval, en ligne sur Artelittera

Le dynamisme de la recherche académique, toutes disciplines confondues, passe par la publication de l’écrit sous format livre papier, livre numérique, article de revue, en ligne ou pas, enfin sous format chapitre. Désormais, les chercheurs ont bien compris l’intérêt à choisir le “multi-canal” même si certains éditeurs résistent encore à cette façon de valoriser des publications. Depuis le démarrage de la plateforme artelittera.com, les éditeurs canadiens ont manifesté un accueil favorable au marché que nous proposons.

Les éditions des Presses universitaires de Laval proposent un catalogue de plus de 2500 titres, livres papiers et numériques, jouent la carte de la diversification des canaux de commercialisation. Désormais, Artelittera, devenu depuis le début de l’année 2019 partenaire de la société canadienne De Marque, leader international de la distribution de contenus culturels numériques, principalement de livres numériques, met en ligne une grande partie du catalogue de l’éditeur Presses universitaires de Laval, réparti entre une quarantaine de disciplines scientifiques.

J’ai toujours su que j’étais Artaud le mort, de Jacob Rogozinski



A lire sur artelittera.com

La revue Europe : Antonin Artaud

Jacob Rogozinski est philosophe et professeur à l’Université de Strasbourg. Il publie, dans la revue Europe en 2002, un article sur Antonin Artaud et son rapport à la mort.

Dans le chapitre 9 de la revue Europe : Antonin Artaud, intitulé « J’ai toujours su que j’étais Artaud le mort », Jacob Rogozinski guide le lecteur dans le paysage mental d’Antonin Artaud. Il montre un soin extrême à respecter la complexité du rapport de l’auteur à la mort, tout en en facilitant l’accès. En analysant les écrits qu’il évoque, avec plusieurs angles d’attaque, il ouvre à son lecteur différentes interprétations possibles. Pour ce faire, il s’interroge sur les causes de la dissociation psychique dont parle Artaud : peut-être s’agit-il d’une « invention poétique » (108) ou la conséquence « d’un électrochoc » (108) subi pendant un internement psychiatrique, ou encore d’une « inflexion paranoïde »(109) ? Il creuse une autre piste en invoquant l’irruption du fantastique, puisqu’il compare Artaud à des personnages « d’Edgard Poe et de Kafka » (110). Le philosophe, en ouvrant ces quatre pistes au lecteur, lui laisse la liberté de celle.s qu’il veut privilégier : il propose sans imposer. Il s’intéresse aux premiers écrits d’Artaud : il place ainsi son étrange phrase sur le suicide – « ON m’a suicidé » (cit.p.107) – au sein de réflexions faites auparavant par divers philosophes à propos « d’une mort antécédente » (cit.p.107). Il s’efforce d’en saisir l’aspect singulier qu’il souligne avec justesse lorsqu’il parle de « l’étrange expérience » d’Artaud, toujours à la page 107.

Pour rappeler que la mort est chez ce dernier un sentiment de dépossession, qu’il se sent mort tout en étant vivant, il s’appuie sur Correspondance de la momie, paru en 1927. Artaud décrit dans ce passage l’immobilité totale de sa main, comme s’il avait une main morte dans un corps vivant. Jacob Rogozinski mentionne, à propos de l’expérimentation d’un toucher réciproque, le nom de Merleau-Ponty qui parle de « chiasme charnel » (cit.p.108). Il identifie, de manière claire et précise, le problème de l’auteur comme une rupture du chiasme, et il place cette expérience individuelle au sein d’une pensée universelle : cette rupture symbolise selon lui la mort que refuse tout être humain. Le chiasme charnel est expliqué, avec une grande minutie, comme la chair qui touche une autre chair, sans pouvoir l’identifier comme l’élément d’un même corps. De là la sensation d’Artaud de « s’éprouver comme un autre » (cit.p.108).

Cet « Autre » dont parle Artaud est selon lui l’acteur de la mort. Il définit celle-ci comme « l’action malfaisante d’un Autre, de cet Autre nommé Dieu », à la page 112. Voulant mourir par lui-même, il rapproche la mort du désir sexuel. Jacob Rogozinski explique, de manière claire et détaillée, à la page 114, l’autre lien entre écriture et sexe : Artaud compare en effet sa pratique de l’écriture à la jouissance sexuelle. Pour ce thème, Rogozinski s’appuie sur les Cahiers de Rodez. Il prouve l’attachement d’Artaud à l’immortalité du corps en le présentant comme totalement pur, « sans brisure, sans aucun écart à soi » (cit.p.115). Il termine son article en soulignant une contradiction entre cette aspiration et l’éventuel renoncement à celle-ci.

Vous pouvez lire ce chapitre, ainsi que les autres articles de Jacob Rogozinski sur le site d’Artelittera, au prix de 4 €.

Pénélope Giordano

Étranges récits, étranges lectures, de Rachel Bouvet



A lire sur artelittera.com

Rachel Bouvet est professeure au Département de littérature à l’UQÀM – Université du Québec À Montréal. Elle fait paraître, en 2007, l’ouvrage Étranges récits, étranges lectures – Essai sur l’effet fantastique aux Presses de l’Université Québec.

Les lecteurs passionnés par le fantastique auront plaisir à découvrir le chapitre 2, « Les procédés de l’effet fantastique ». Dans ce chapitre, Rachel Bouvet s’intéresse non pas au genre fantastique en lui-même, mais à l’effet qu’il produit sur le lecteur. Pour ce faire, elle s’appuie sur différents auteurs. Elle mentionne, en premier lieu et avec justesse, les noms de Maupassant et Poe, deux grandes références du genre fantastique. Elle explique qu’ils ont chacun leur propre point de vue quant au ressenti du lecteur : Maupassant parle du doute et de l’hésitation ; Poe insiste sur l’aspect court de la nouvelle, qui facilite selon lui l’effet fantastique.

Rachel Bouvet montre ensuite l’intérêt que porte Riffaterre, un linguiste français, aux « réactions des lecteurs face à un texte littéraire » (cit.p.66). Elle différencie toutefois leurs démarches, en précisant que si Riffaterre a choisi de s’intéresser à des poèmes, elle a pour sa part préféré la forme brève. Il est intéressant de rappeler que l’effet fantastique a lieu non grâce à un procédé unique, mais grâce à un ensemble de procédés qui le fait agir sur la totalité du récit. La forme brève choisie par l’auteure de l’article est donc ici tout à fait fondée.

Elle s’attache à décrire un aspect important du récit fantastique, et pourtant peu étudié : le suspense. Elle montre que ce procédé, lié à la forme brève, favorise la rapidité de lecture. De ce fait, elle rassure les lecteurs qui éprouveraient des réticences à lire ce genre littéraire. Elle ne néglige cependant nullement les exceptions en terme de longueur et rappelle que The Turn of the Screw d’Henry James et Malpertuis de Jean Ray sont des novellas, c’est-à-dire des romans courts.

Elle se penche enfin sur les procédés de l’effet fantastique, qu’elle associe, tout en les décomposant pour mieux les étudier, à différentes œuvres. Cette explication, appuyée par des exemples, permet de mieux cerner les effets produits par le fantastique au cours de la lecture. Elle décrit ainsi, de manière minutieuse, le suspense présent dans Ligeia d’Allan Poe de la page 71 à la page 84. Puis elle analyse l’ambiguïté dans La Vénus d’Ile de Prosper Mérimée de la page 84 à la page 101. Elle souligne la fragilité du cadre de référence dans L’Intersigne de Villiers de L’Isle-Adam aux pages 120 et 121 – où la version d’un événement change selon le point de vue –, voire la disparition totale de l’espace dans La Ruelle ténébreuse de Jean Ray pages 121 à 142, et les jeux de l’espace dans Héloïse d’Anne Hébert, aux pages 143 à 159, qui présente le passage continuel d’un lieu à un autre, dans le but de perdre le lecteur. Ce chapitre est très complet : Rachel Bouvet y expose avec une riche argumentation un grand nombre d’aspects du fantastique. Vous pouvez lire ce chapitre, et tous les autres de l’ouvrage de Rachel Bouvet sur le site d’Artelittera, au prix de 4 €.

Pénélope Giordano