La Comtesse de Ségur, une oeuvre littéraire revisitée par le cinéaste Christophe Honoré

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Des souvenirs d’enfance, un brin de nostalgie, une mémoire partagée d’un âge où les adultes adoptent des postures d’autorité systématiques à l’égard des enfants, abandonnés par les parents. La Comtesse de Ségur (1799-1874) est un écrivain inoubliable pour cette mise en scène de l’enfance, qui finalement, ne vieillit pas même si les tenues vestimentaires des enfants ne sont plus les mêmes de nos jours. Au-delà des apparences, les chagrins et les colères des enfants sont identiques. Le film de Christophe Honoré, Les Malheurs de Sophie (sortie sur les écrans en avril 2016) nous réintroduit dans cette littérature, qui reprend vie sous la force de la réinterprétation.

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Anne Struve-Debeaux écrit que “l’oeuvre de la comtesse de Ségur peut être considérée comme un témoignage, et le tableau d’une époque. Tout un échantillonnage de types non seulement psychologiques mais sociaux s’y déploie, représentatif des différentes catégories de la France du Second Empire, des plus aisées aux plus humbles — depuis l’aristocratie jusqu’au petit peuple des villes et des campagnes, en
passant par toutes les nuances de la bourgeoisie — et un certain nombre de marginaux et d’exclus. Et l’on reconnaît sans peine aussi
certaines grandes distinctions révélatrices des mentalités de l’époque : celle qui oppose par exemple maîtres et domestiques, ou Paris et
province — notamment dans Les Deux Nigauds. Même si la représentation de la société n’y constitue jamais une fin en soi — le souci narratif prime toujours celui de la description —, il est certain qu’un sens aigu de l’observation sociale s’y révèle. À son échelle,
cette oeuvre s’apparente étroitement aux grands romans réalistes dont elle est contemporaine.”

La revue littéraire mensuelle Europe a consacré le numéro 914-915 à l’étude de l’oeuvre de la Comtesse de Ségur. Sur la plateforme artelittera.com, les 18 chapitres de cet ensemble sont téléchargeables au format PDF, pour le prix unitaire de 2 €.