Le Romantisme révolutionnaire en littérature

9782000736028

La revue Europe avait publié en 2004 un numéro consacré au thème séduisant : le romantisme révolutionnaire. S’agit-il d’un ramassis de causes désespérés, de rêves envolés, d’illusions perdues ? Cette génération de 1830 a-t-elle véritablement servi la cause d'”Un socialisme poétique, donc, qui viserait le libre épanouissement des sens dans une collectivité régénérée — « l’heureuse union de la culture supérieure avec la nature libre » (Kant) écrivaient dans le premier chapitre de la revue les auteurs, Michael Löwy et Max Blechman. A quel jeu était promis ce romantisme ? Car c’est bien de jeu dont il s’agit. “À la fin de la quinzième des Lettres sur l’éducation esthétique de l’homme, Schiller énonce un paradoxe et fait une promesse. Il affirme que « l’homme n’est entièrement homme que lorsqu’il joue ». Et, à ceux qui penseraient qu’il plaisante, il annonce que ce paradoxe est capable de « soutenir l’édifice entier de l’art esthétique et de l’art encore plus difficile de vivre ». Il affirme donc qu’il existe une forme spécifique d’expérience sensorielle, l’expérience du jeu esthétique, et que cette expérience bien comprise porte la promesse d’un nouveau monde de l’art et d’un nouveau monde vécu.” écrit Jacques Rancière au chapitre 2.

Le siècle des Lumières n’a pas fini de nous révéler sa puissance dans la pensée de l’agir, affranchie des contingences économiques et matérialistes. C’est sur ce XVIIIe siècle florissant et réjoui que repose l’expérience romantique. Nous aurons beau jeu au XXIe siècle, de rêver d’insoumission ou d’indignation. Les appétits de réjouissances sont écrasés par le poids des convenances.

Le Romantisme révolutionnaire, Revue Europe, avril 2004, en ligne sur artelittera.com

Jochen Greven parle de l’écrivain Robert Walser (1878-1956)

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Des années 1930 aux années 1970, la réception de l’oeuvre de Robert Walser connaît une longue éclipse. Admiré par les
écrivains les plus importants de sa génération, publié en tant que « feuilletonniste » par de nombreux quotidiens jusqu’en 1933, Walser,
même dans le domaine allemand, tombe pratiquement dans l’oubli pendant quarante ans.
Jochen Greven (1932-2012), artisan de l’édition de référence des oeuvres complètes de Robert Walser chez Helmut Kossodo, puis chez Suhrkamp, a été dès les années cinquante l’un des premiers germanistes à reconnaître l’importance de l’écrivain. Sa thèse de doctorat, parue en 1960, est la première thèse universitaire en allemand sur Walser. Il lui faudra néanmoins lutter avec ténacité pendant près de deux décennies pour rassembler cette oeuvre dispersée, perdue, longtemps confidentielle, et permettre enfin son rayonnement. Venant de la région de Cologne, Jochen Greven s’établit dans les années soixante sur les rives du lac de Constance, pour se rapprocher de Zurich où sont déposées les archives de Robert Walser. Il retrace ici les principales étapes de ce qui nous apparaît aujourd’hui comme un parcours du combattant. (Introduction à cet entretien)

Un entretien entre Jochen Greven et Marion Graf publié dans la revue littéraire mensuelle Europe constitue un document d’archive précieux. L’inestimable travail scientifique de l’éditeur permet aujourd’hui de disposer des textes dans leur intégralité d’une oeouvre littéraire qui aurait pu demeurer longtemps dans l’oubli.