L’adolescence hyper moderne. Le nouveau rapport au temps des jeunes, de Jocelyn Lachance

L'adolescence hypermoderne

L’adolescence hypermoderne

Cet ouvrage est introduit par une préface de David Le Breton Professeur de sociologie à l’Université de Strasbourg Membre de l’Institut universitaire de France.  “La jeunesse n’existe pas”, écrit-il, avant de préciser :” La notion de jeunesse est culturelle, elle se décline selon maintes définitions d’une société ou d’une époque à l’autre. Elle est une catégorie socialement construite. L’adolescence dépend de la manière dont un collectif perçoit le jeune lors de sa maturation sexuelle et de son entrée progressive dans les responsabilités inhérentes aux adultes de son groupe. Seuls existent des jeunes à travers la singularité de leur histoire à l’intérieur d’une condition sociale et culturelle, un sexe, et une constellation affective. L’approche originale de Jocelyn Lachance prend acte de celle qui participe à plein régime aux tendances et aux rythmes de nos sociétés hypermodernes, une jeunesse qui existe dans la pluralité temporelle propre à la liquidité assumée des liens sociaux. Ce sont des jeunes acteurs de leur existence, bricoleurs des circonstances afin de conjuguer les possibilités de tout instant, d’intensifier les possibilités. Leur temporalité est élastique, elle se dilate ou s’accélère selon la qualité des événements.”

Le regard sociologique proposé dans cet ouvrage paru en 2011 mérite une attention particulière par ce que le constat, point de départ de cette analyse, c’est de présenter les adolescents à travers la contrainte temporelle. Durant cette période délimitée, comme un temps de transition entre l’enfance et le monde adulte, déjà perçu comme tel par les sociétés de l’antiquité pour ne parler que des plus récentes, les adolescents s’organisent à travers des rituels. “Les rites jouent ici un rôle fondamental dans la transmission de cette représentation singulière du temps. À travers ces derniers, les participants vivent et revivent symboliquement des mises en scène de l’origine créatrice ou événements héroïques. Ces rites ouvrent donc aux membres de la communauté un accès au temps mythique et ces ouvertures se répètent régulièrement sur les cycles des semaines, des mois et des années. Pour certains anthropologues, les rites expliquent d’ailleurs l’élaboration des calendriers liés de près aux rythmes des lunaisons et des saisons. En fait, «pour la religion et la magie, le calendrier n’a pas pour objet de mesurer, mais de rythmer le temps» (Mauss, Hubert, 1929: 9). En d’autres termes, ces rites participent à l’organisation du temps et ils entraînent la conceptualisation de supports pour se remémorer et marquer le retour cyclique des événements. Épousant d’abord les rythmes des lunaisons et des saisons, ces rituels s’affranchissent avec le temps des rythmes naturels observés par les hommes (Elias, 1995) qui commencent ainsi à rythmer le temps pour mieux le maîtriser.” (Chapitre 1, page 8)

La culture des adolescents croise des normes empruntées au monde des adultes, mais avec une appropriation différente. “Les adolescents organisent généralement leurs temps libres à la dernière minute. Plusieurs préfèrent la précipitation au dernier instant à l’engagement sur le moyen terme: «On ne s’organise pas vraiment. Il m’appelle tout d’un coup et on décide si on bouge ou non.» (Charles, 15 ans) Les «peut-être», les « on verra » et les «plus tard» foisonnent dans leurs discours et le conditionnel est devenu leur temps de verbe préféré. La prochaine soirée et la prochaine fin de semaine font souvent l’objet de plans hypothétiques qu’ils modifient au besoin. La confirmation de leur participation à une activité est donc toujours à venir et nombre d’entre eux reconnaissent se laisser le choix de se désengager à tout moment. Cette culture de la «dernière minute» se renforce avec le temps, car pour se protéger de l’imprévisibilité et de l’instabilité des autres, il est préférable de lancer soi-même une idée de sortie quelques heures avant sa réalisation au lieu de la planifier” (Chapitre 4, p.68)

Tous ces éléments sont à retrouver sur le site Artelittera, à la rubrique Psychologie.

Des plantes psychotropes. Initiations, thérapies et quêtes de soi, sous la direction de Sébastien Baud et Christian Ghasarian

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A l’heure où l’ONU, à l’occasion de la session extraordinaire consacrée à la lutte contre la drogue (18 avril 2016), semble abandonner le concept de la “guerre contre la drogue” initiée au début des années 1970 par Richard Nixon, alors président des Etats-Unis, il est bon de se replonger dans une lecture anthropologique des substances psychotropes, adoptées par des cultures différentes à travers la planète.

L’ouvrage, intitulé Des plantes psychotropes Initiations, thérapies et quêtes de soi,  est à l’initiative de deux “ethnologues qui ont étudié, chacun dans des contextes culturels et sociaux différents, les explorations menées par des personnes, à titre communautaire ou plus individuel, par le biais de substances psychoactives. Sébastien Baud a effectué des recherches pendant plusieurs années sur les guérisseurs et shamans des Andes et de l’Amazonie péruviennes, tandis que Christian Ghasarian a étudié les réappropriations New Age néoshamaniques aux États-Unis et en Europe, et notamment leurs développements impliquant l’usage de plantes psychotropes dans ce dernier continent. deux perspectives croisées mais avec la même intention : prendre les investissements humains au sérieux.”

Voici 18 contributions de chercheurs à télécharger séparément au prix unitaire de 2€. Le lecteur découvrira ainsi une substance naturelle non végétale  : le kampo. “Cette sécrétion de grenouille, traditionnellement utilisée comme fortifiant ou stimulant pour la chasse par les Katukina d’Amazonie, fait l’objet d’un nouvel usage dans les grands centres urbains du Brésil. Cela implique de nouveaux rôles publics
pour certains représentants de cette communauté porteurs de discours appropriés sur la substance redéfinie comme « remède indigène » pour de nouveaux interlocuteurs.

Pour citer ce livre : Baud Sébastien et Christian Ghasarian (éds), Des plantes psychotropes. Initiations, thérapies et quêtes de soi, Éditions Imago, Paris, 2010, 436 pages.

A télécharger sur Artelittera.com (Artelittera permet de télécharger les ebooks par chapitre au prix unitaire de 2€.)